Essai sur l’enseignement explicite – Conclusion

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Cette recherche contribue à montrer que l’enseignement explicite peut favoriser l’autonomie chez les étudiantes et étudiants du programme Techniques de l’informatique au collégial. L’expérimentation n’a cependant pas été d’une envergure suffisante pour confirmer de façon satisfaisante l’impact de l’enseignement explicite sur l’autonomie de la clientèle étudiante.

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L’expérimentation a néanmoins permis de souligner plusieurs points intéressants. D’abord, elle montre que l’enseignement explicite est tout à fait approprié pour certaines leçons en Techniques de l’informatique au collégial. Cette première constatation est importante puisqu’elle pourra inciter d’autres enseignantes et enseignants de ce programme à expérimenter l’enseignement explicite dans leur classe. Des recherches ultérieures pourraient tenter de vérifier dans quelle mesure l’enseignement explicite, méconnu du milieu collégial, peut être appliqué à d’autres disciplines de cet ordre d’enseignement.

La recherche a également montré que l’accompagnement joue un rôle de premier plan pour aider les enseignantes et enseignants à s’approprier l’enseignement explicite. Un accompagnement bien planifié, prenant en compte la dimension affective et constitué d’une formation pragmatique, d’une aide à la préparation des leçons et de suivi entre les leçons, aidera les enseignantes et enseignants à surmonter les difficultés inhérentes à l’appropriation d’une nouvelle méthode pédagogique.

Tout au long de la recherche, l’efficacité de l’enseignement explicite sur l’apprentissage n’était pas en cause. En effet, d'importantes recherches (Gauthier, Mellouki, Simard, Bissonnette et Richard, 2004) ont clairement démontré les effets positifs de cette méthode basée sur les caractéristiques du système nerveux central. Cependant, l’analyse de la littérature et des données de l’expérimentation ont indiqué que l’utilisation de l’enseignement explicite devrait être réservée à certains apprentissages, notamment dans les cours de début de formation où la matière est généralement plus structurée.

Plutôt que d’utiliser une forme appauvrie de l’enseignement explicite, le personnel enseignant aura avantage à bien comprendre chacune de ses étapes (modelage, pratique guidée et pratique autonome) afin d’en tirer le plein potentiel. Après avoir pris connaissance du présent travail de recherche, monsieur André Poisson, un collègue de la chercheure, a résumé cet état de fait comme suit : « À n’utiliser qu’un petit bout de la méthode, on n’obtient qu’un petit bout de résultat ».

En somme, cette recherche met à jour tout le potentiel de l’enseignement explicite dans le programme Techniques de l’informatique au collégial. Connaissant ses points forts et ses limites, les enseignantes et enseignants gagneront à ajouter l’enseignement explicite dans leur bagage de méthodes pédagogiques, favorisant ainsi la diversité dans leur enseignement. Le guide pour la préparation d’un plan de leçon utilisant l’enseignement explicite (voir annexe B), avec son explication détaillée des trois phases, constitue un outil pédagogique de nature à aider les personnes intéressées à s’approprier cette méthode.

Cet essai ouvre la porte à d’autres travaux de grand intérêt. La recherche sur l’autonomie pourrait prendre en compte les concepts de motivation ou de confiance en soi. Dans le même ordre d’idée, une expérimentation cherchant à déterminer de façon plus précise l’impact de l’enseignement explicite sur l’autonomie des étudiantes et étudiants attirerait également l’attention des pédagogues intéressés par la réussite scolaire.

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